Du collège Chartreuse au FCG
Capitaine emblématique du FCG depuis plusieurs années, Gwendall Ollivier est un pur produit de la formation grenobloise. Le jeune garçon commence le rugby au collège Chartreuse de Saint-Martin le Vinoux sous les ordres d’un certain Yves Pinotti. Gwendall se plaît immédiatement dans ce sport fait de courses et de combat et intègre très vite le FCG. « C’est Lionel Ringeval qui avait conseillé à ma mère de m’inscrire à Grenoble » se souvient le capitaine grenoblois. Un conseil plutôt inspiré du jeune demi de mêlée puisque les deux compères vont vivre de très belles années avec le maillot rouge et bleu, « la génération 77 était plutôt un bon cru et on a obtenu pas mal de bons résultats » raconte Gwendall. « On n’a pas gagné de titre mais je garde de très bons souvenirs d’une équipe de copains qui le sont toujours » souligne t’il. Au fil des années, le troisième ligne aux fameux cheveux bouclés progresse et attire l’attention des entraîneurs de l’équipe fanion du FCG. « Le haut niveau est venu comme ça car je n’y ai jamais pensé, je n’ai jamais été surclassé et j’ai effectué ma première année junior avec l’équipe Ballandrade » explique le gaillard qui a toujours pris les défis les uns après les autres sans tirer de plan sur la comète.
Une montée gravée pour toujours
Son premier match avec la grande équipe du FCG, Gwendall va le disputer en ProD2 face à Tyrosse au début de la saison 2001/2002. « Ca a été une très grosse émotion et un match difficile avec une courte victoire dans un stade loin d’être plein » se souvient le troisième ligne grenoblois. Si la victoire initiale face aux landais est difficile à obtenir, la suite de la saison des grenoblois va s’avérer exceptionnelle avec une remontée immédiate en première division. « C’est un souvenir génial même si à l’époque je ne réalisais pas trop » se rappelle Gwendall. « On avait quand même une équipe énorme » souffle t’il en souriant. Effectivement, cette année là le groupe grenoblois, dirigé par Jacques Delmas, compte quelques talents en devenir comme Vincent Clerc, Geoffroy Messina ou Brian Liebenberg et réalise une fin de saison de rêve, manquant de rafler le titre champion à Mont de Marsan pour deux petits points. « On avait pas mal fait la bringue pour fêter toutes ces victoires » lâche pour conclure un Gwendall qui s’est beaucoup assagi depuis…
Des années troubles puis le renouveau
Quand on porte le maillot frappé des trois roses depuis toujours, on souffre forcément un peu plus lorsque son club traverse une période délicate. Quand le FCG subit une double relégation, sportive puis administrative, durant l’été 2005, le troisième ligne aile isérois ne déroge pas à la règle. « J’’ai mal vécu cette période, on assumait tous la descente sportive mais la seconde, on a été mis devant le fait accompli et c’est très dur de ne pas avoir son destin entre ses mains » se souvient-t’il avec une pointe de regret. Mais si Grenoble quitte un temps le monde du rugby professionnel, c’est le début d’une nouvelle grande aventure pour le club alpin. Avec une équipe composée de jeunes aux dents longues et de vieux grognards, les rouge et bleu vont en effet réussir le pari de la reconquête et rendre sa fierté au peuple grenoblois à l’issue d’une saison des plus difficiles. « Cette saison en Fédérale 1 a été magnifique, enfin surtout sa conclusion… Cela a été une belle récompense pour un groupe parti de rien qui a connu quelques galères » raconte le guerrier grenoblois qui avait bien failli laisser une partie de son nez sur le terrain de Lons le Saunier cette année là…
Une fidélité exemplaire
Alors que certains aiment à critiquer un rugby moderne où les joueurs changeraient de maillot comme de chemise, Gwendall est toujours resté fidèle au club de ses débuts. « Je suis bien ici, je n’ai pas de raison de partir » explique t’il tout simplement. « J’y ai bien sûr pensé à certains moments et notamment lors de la descente en Fédérale mais avec quelques anciens, on s’est très vite mis d’accord pour rester tous ensemble ». Après le retour en ProD2 et l’excellente saison réalisée cette année, Gwendall a même décidé de prolonger son contrat de deux nouvelles saisons. L’homme qui a déjà connu deux montées a peut être un rêve secret… Quand on lui demande quels seront les objectifs du FCG l’an prochain, il répond toutefois très poliment qu’il est là pour jouer et que ce n’est pas à lui de définir les buts à atteindre. Le capitaine grenoblois est ainsi fait, c’est un homme de devoir. Des terrains de Bachelard à la pelouse du stade Lesdiguières, cela fait plus de quinze ans qu’il plaque inlassablement sous le maillot rouge et bleu. « Jouer à Lesdiguières m’apporte toujours autant de fierté et d’émotion » conclut t’il. Le gardien du temple.